Le Chênelet, entreprise apprenante

Apprendre à apprendre, tel est le leitmotiv de Anne Gaëlle Charvet, présidente de l’association Le Chênelet depuis 2014. Créée il y a 35 ans par François Marty, cette structure accueille des personnes éloignées de l’emploi pour une insertion plus facile dans le monde du travail.

« Nous formons des personnes pour les insérer dans les entreprises » telle est la première mission que nous explique Anne Gaëlle Charvet. « Les personnes que nous accueillons en insertion sont d’horizons multiples : des « très » jeunes, non diplômées, ou ayant décroché de l’emploi et qui n’arrivent pas à remettre le pied à l’étrier. Ces personnes, éloignées du monde du travail, n’ont pas les prérequis nécessaires pour les comportements fondamentaux en entreprise : arriver à l’heure, respecter une hiérarchie…. les mêmes problématiques qu’en entreprise. Nous leur apprenons les basiques, les règles, la sécurité. Les capacités techniques viennent après. »

Le Chênelet compte 208 personnes salariées dont plus d’une centaine de postes en insertion avec un fort turn-over lié à la nature du contrat d’insertion d’une durée maximale de deux ans. Si le Chênelet a une mission d’intérêt public, la sélection obéit à un seul critère : « Il faut que les gens soient motivés, qu’ils aient envie d’attraper cette opportunité ! » commente Anne Gaëlle. Tremplin pour l’emploi certes, mais ce n’est pas l’équipe technique qui peut tout faire à leur place. Pour un taux de retour dynamique à l’emploi de 50 à 60 %. « Vu le contexte local de Calais c’est une belle performance » assure la présidente. Les permanents de la structure viennent également de tous les horizons avec une envie commune de vivre une aventure humaine forte. Ils sont là par choix, et c’est une véritable communauté qui avance ensemble.

« Notre spécificité est notre structure mixte avec un chantier et une entreprise d’insertion » poursuit Anne Gaëlle. L’activité est organisée en trois secteurs : la filière bois, l’éco-construction et l’agro-alimentaire. La filière bois comporte une exploitation forestière, une scierie et un atelier de transformation qui fabrique des palettes hors standard. « Nous nous plaçons avec ce produit sur une niche pour des entreprises spécialisées pour lesquelles nous devons être réactif » précise la présidente en ajoutant que les clients peuvent être livrés en 24 heures.

L’éco-construction, activité lancée il y a 15 ans, place l’association comme un constructeur. « Notre souci est d’utiliser les matériaux locaux pour créer une dynamique, avec l’envie permanente de laisser la part belle à la main d’œuvre. Nous voulons construire des logements abordables, aux charges peu élevées pour permettre notamment à la population que nous aidons à pouvoir aussi se loger avec leurs moyens. » Le Chênelet construit ce type de logement sociaux dans cinq régions françaises.

La troisième filière, l’agro-alimentaire, emploie une trentaine de personnes pour une activité de maraichage et de conserverie artisanale qui a produit par exemple 55 000 litres de jus de pomme en 2015. « Nous avons construit une certaine réputation avec notre cuisinier professionnel qui nous fait des produits sympas  » commente Anne Gaëlle Charvet. Le soutien de la Fondation des EDC a permis à Chênelet de s’équiper d’outils performants pour cet atelier de conserverie, de « donner un cadre correct pour faire travailler les personnes dans de bonnes conditions. » Dans un contexte de mutation des financements publics et du désengagement progressif des collectivités sur l’insertion, ce type de soutien est nécessaire pour leur autonomie.


Qui est François Marty, fondateur du Chênelet ?
Figure fondatrice du groupe d’insertion Le Chênelet, François Marty a été membre de l’équipe EDC de Boulogne-sur-Mer jusqu’en 2013. Lauréat du prix Ashoka en 2008, du prix Rethnik CCI Paris en 2009, du prix spécial jury RSE Région Nord-Pas de Calais en 2009 et du prix coup de cœur des maires de France en 2010, il a également été chef de cabinet du ministre Guy Hascouët au Secrétariat d’Etat à l’économie solidaire. Avec un franc-parler appréciable, il parle de son modèle économique, de son combat autour des logements sociaux et donne une vision personnelle de l’économie positive et de l’entrepreneuriat social. 

Article publié dans Dirigeants Chrétiens N° 79

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